Étapes d'intervention
Confirmer la fonction du comportement : L’hypothèse de base est que celui-ci est automatique dans la grande majorité des cas. Afin de le confirmer, observer si la fréquence et l’intensité du comportement varie d’une manière qui pourrait indiquer une autre fonction. Par exemple, si l’élève manifeste le comportement de manière différenciée en contexte de tâche, cela pourrait suggérer de l’évitement. Par ailleurs, s’il est davantage présent lorsque l’élève est seul plutôt que près d’une personne significative, cela pourrait indiquer une fonction d’attention sociale.
Identifier le lieu du renforcement : Ce comportement cause une sensation à la fois dans la bouche et aux mains. Il est possible que les deux sensations amènent un renforcement automatique. Cependant, s’il est possible de déterminer si l’élève recherche davantage la stimulation au niveau des mains ou de la bouche, cela pourrait faciliter l’intervention. Si l’élève tend à explorer son environnement de manière active avec ses mains ou s’il a d’autres stéréotypies impliquant celles-ci (e.g. frottement, bouger les doigts) cela pourrait indiquer une préférence pour le stimulus au niveau de la main. Si l’élève tend à mettre des objets dans sa bouche et qu’il tend à peu utiliser ses mains dans des contextes fonctionnels, cela pourrait indiquer une préférence au niveau de la stimulation manuelle. L’analyse de jeu, par exemple fournir des jouets qu’on sait que l’élève veut manipuler et observer trois variable (hand mouthing, main à jouet et bouche à jouet) peut donner des indices sur la différenciation de la fonction entre la stimulation tactile (si l’élève manipule les jouets avec ses mains) ou la stimulation buccale (si l’élève manipule avec la bouche). Chez les élèves ayant une déficience intellectuelle profonde, le renforcement buccal est plus fréquent.
Profil de l’élève : Il est nécessaire d’avoir des informations sur le profil de l’élève afin d’intervenir. Les préférences et le profil sensoriel sont deux exemples d’outils (en annexe) qui peuvent être utilisés à cet effet. Cela va permettre de cibler l’intervention. La collaboration avec des intervenants qui connaissent bien l’élève est essentielle.
Mise en place de stimulation sensorielle alternative : Utiliser l’information sur le lieu de renforcement afin de mettre en place des alternatives pour la stimulation. Au niveau de la bouche, cela peut être des Chewy. Pour les mains, afin de reproduire une sensation semblable (mouillée), on peut utiliser des ice packs, une débarbouillette mouillée, jouer dans l’eau ou un sac sensoriel rempli de liquide.
Canaux sensoriels alternatifs : Mettre en place des activités utilisant d’autres canaux sensoriels, idéalement identifiés au préalable comme étant utilisés par l’élève. De manière générale, la stimulation tactile et proprioceptive est indiquée et efficace avec ces élèves.
Redirection et blocage de la réponse : En considérant que le renforcement est automatique, dans l’optique d’éviter la fatigue sensorielle, la redirection peut être une intervention appropriée. Il suffit de retirer doucement la main de l’élève, en ayant idéalement une stimulation alternative à lui offrir. Utiliser une serviette pour essuyer la main est indiqué.
Intervention sur les antécédents en général: Des interventions de nature universelle peuvent aussi être utilisées. Même si le comportement se présente dans les différents locaux (classe, cafétéria, gymnase, etc.), mettre les conditions optimales en classe demeure la première étape. En considérant les préférences de l’élève, est-ce qu’on peut mettre en place davantage d’activités qui y correspondent? Sinon, est-ce qu’on peut lui créer un coin dans la classe avec certains stimuli qui lui plaisent? Si le comportement apparait davantage dans les situations où il y a moins de stimulation, est-ce qu’on peut lui prévoir davantage de temps en activité ou en interaction?
Renforcement positif : De manière général, renforcer les situations lors desquelles l’élève démontre des comportements qui sont incompatibles avec le hand mouthing, donc, soit le fait d’utiliser un stimulus approprié au niveau de la bouche, de manipuler des objets de manière appropriée avec les mains ou de participer de manière active à une activité.
Diversification des intérêts : Augmenter la quantité de stimuli de manière générale dans la routine de l’élève va permettre de trouver d’autres stimuli alternatifs, ainsi, expérimenter le plus d’activités possible est indiqué.