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Théorie

Il existe plusieurs façon de concevoir l'origine et l'utilité des comportements de stéréotypie. En voici quelques exemples. À savoir que chez l'élève polyhandicapé, la théorie de la stimulation et de la régulation sont particulièrement pertinentes à prendre en compte.

Théorie de la stimulation :
Le manque de conscience de l’environnement chez l’élève serait un facteur contribuant au développement de ce type de comportement. Un déficit de stimulation (intrants sensoriels) serait à l’origine de cette cause. Cela pourrait expliquer pourquoi les élèves ayant une déficience visuelle sont plus à risque de développer des comportements stéréotypés. De plus, la persistance dans ces mouvements répétitifs limite l’exploration de nouveaux gestes moteurs, ce qui peut nuire au développement moteur global. On observe aussi que les comportements stéréotypés peuvent remplir une fonction d’autostimulation dans des environnements pauvres en sollicitations sensorielles. Des adaptations de l’environnement ou l’introduction de routines de stimulation sensorielle planifiées pourraient contribuer à répondre à ce besoin, tout comme une évaluation des préférences sensorielles de l’élève.

Théorie de la communication :
En l’absence de moyens de communication formels, certains comportements stéréotypés pourraient occuper la place de la communication non intentionnelle. Toutefois, cette théorie est probablement moins plausible, étant donné la faible proportion d’analyses fonctionnelles qui attribuent une fonction sociale à ces comportements. Elle souligne néanmoins l’importance d’offrir des moyens de communication alternatifs aux élèves non verbaux ou peu verbaux. L’introduction d’outils de communication alternative et augmentée, tels que des pictogrammes ou des boutons vocaux, peut contribuer à remplacer certaines stéréotypies par des comportements communicatifs plus fonctionnels.

Théorie socio-émotionnelle :
Les comportements stéréotypés sont corrélés négativement avec la présence de signaux d’attachement envers les personnes dispensant les soins (signaux tels que l’échange de regards, le toucher, la proximité physique ou la recherche d’interactions en général). Concrètement, l’élève pourrait ressentir un manque qu’il tenterait de combler par la stimulation procurée par les comportements stéréotypés. Ce déficit dans le lien d’attachement a également pour effet de réduire l’efficacité des interventions proposées par l’adulte. Certains auteurs suggèrent que des approches centrées sur l’interaction, comme l’imitation ou les échanges synchronisés, pourraient soutenir le développement de ces liens et favoriser un meilleur ajustement émotionnel.

Théorie de la régulation :
L’autorégulation de certains affects, tels que l’anxiété, la frustration ou l’excitation, pourrait aussi expliquer une proportion des comportements d’autostimulation. Ces comportements pourraient être utilisés comme stratégies personnelles pour maintenir un certain équilibre interne. Dans ce contexte, l’identification des déclencheurs émotionnels et l’enseignement d’alternatives régulatrices peuvent être considérés comme des pistes d’intervention.

Théorie biomédicale :
Les comportements stéréotypés pourraient être liés à certains enjeux médicaux, tels que l’épilepsie. Cependant, cette théorie n’est pas étayée de manière significative par la recherche scientifique. Elle invite toutefois à ne pas écarter la possibilité d’un facteur médical, en particulier lorsque les comportements apparaissent de manière soudaine ou s’accompagnent d’autres symptômes physiques.

 

Source principale : Ross, D. B. (1992). A nonaversive behavioral approach to reducing and controlling hand-mouthing in students with visual impairments who also have multiple disabilities (Master’s thesis, Texas Tech University).